CAZENEUVE, Paul

Acteur / Metteur en scène

Nom véritable : Georges Alba

Naissance : 11 mai 1871 à Revel, en France.

Arrivée : vers 1893 à Montréal, au Québec.

Départ : vers 1919 à Los Angeles, aux États-Unis.

Décès : 22 juin 1925 à Hollywood, au États-Unis.


Photos


Biographie

Georges Alba (à sa naissance il reçoit les prénoms de Georges-Jean-François-Paul-Charles-Ludovic) est né en Haute-Garonne, en France le 11 mai 1871. Il est le fils d’un professeur, Gabriel Alba, et d’Augusta Grillières.

Il aurait débuté comme comédien à l’âge de quatre ans et demi à Toulouse, en France.

Comme son père s’installe aux États-Unis pour enseigner à la Harvard University de Cambridge, au Massachusetts, Paul Cazeneuve, ainsi qu’il est désormais connu, fait ses débuts véritables dans ce pays en 1889 dans la troupe française The Maude Banks, qu’il accompagne à Montréal cette année-là. Il fait partie de la troupe pendant deux ans.

Il se forme en même temps auprès de Tomasso et Alessandro Salvini et du shakespearien John A. Lane.

Pendant la saison 1891-1892, il participe aux tournées de la comédienne Hortense Barbe-Loret, dite Mme Rhéa. Il partage alors la scène avec les plus grandes célébrités du temps, dont Edwin Thomas Booth et Helena Modjeska. En 1893, il revient à Montréal.

De 1896 à 1898, Cazeneuve donne des représentations au Canada et aux États-Unis à la tête de sa propre troupe. En février 1899, on le retrouve à Québec et à Montréal avec la Columbia Stock Company ; il interprète, entre autres, le rôle de Méphisto dans une adaptation du Faust de Goethe et celui de l’Italien dans Melbourne.

La Gazette de Montréal souligne que le jeune acteur, bien qu’il s’exécute en anglais, attire au théâtre une bonne portion du public de langue française, qui l’a déjà adopté.

Le 18 février 1901, Cazeneuve reprend Melbourne au Her Majesty’s Theatre de Montréal. Au même moment, George Gauvreau, qui veut élever son Théâtre national français, construit l’année précédente, au niveau des salles anglaises, l’engage à titre d’acteur et de directeur artistique.

Cazeneuve débute le 11 mars suivant dans sa propre adaptation française du Faust selon la version de Lewis Morrison. Sa conception de la mise en scène conquiert aussitôt le public et la critique, qui vante la splendeur des décors et des costumes, et l’exploitation audacieuse des effets électriques. En une seule semaine, le spectacle attire plus de 12 000 spectateurs et connaît une série de 28 représentations consécutives.

Cazeneuve continue à privilégier les productions à grand déploiement à l’américaine et, en juin 1901, il s’adjoint le futur cinéaste Léo-Ernest Ouimet qui, à titre d’éclairagiste, met en place de nouveaux dispositifs pour ses productions.

Cazeneuve structure le répertoire autour d’une dramaturgie étrangère, composée souvent de pièces françaises adaptées en anglais, mais qu’il traduit lui-même à nouveau en français!

Toutefois, il encourage des créations locales, en particulier celles de Louis Guyon, dont il monte Denis le patriote (1902), Joe Montferrand (1903), Un mariage à la gaumine (1904) et Montcalm (1907). 

En septembre 1904, Cazeneuve part du Théâtre national français pour organiser une saison à l’Auditorium de Québec ; il quitte la ville en mars 1905, après avoir présenté sensiblement le même répertoire que dans la métropole.

En même temps, il effectue quelques tournées hors des grands centres, notamment à Sorel et à Trois-Rivières. De retour à Montréal, il entreprend une saison d’été au Théâtre français, du 29 mai au 8 juillet, au cours de laquelle il donne la première montréalaise d’Un fil à la patte de Georges Feydeau, mais l’entreprise ne connaît pas un très grand succès.

En 1906, Cazeneuve retourne au Théâtre national français à titre de directeur artistique et de co-propriétaire de l’établissement, qui accuse, depuis son départ, un déclin relatif que Cazeneuve attribue justement à une certaine usure du répertoire et à la trop grande prudence de ses successeurs.

Le coup de génie de son second mandat est de remettre la revue à la mode avec Ohé! Ohé! Françoise! d’Ernest Tremblay, Léon May et Gaston Dumestre, qui attire, en janvier 1909, 40 000 spectateurs en trois semaines et implante solidement la revue politique dans les goûts du public de la province de Québec.

Plus tard dans l’année, Cazeneuve quitte de nouveau le Théâtre national français, mais sa carrière ne connaît plus les mêmes succès. En effet, la popularité croissante du cinéma ralentit le progrès du théâtre à Montréal.

Cazeneuve tente sa chance dans d’autres salles francophones de la ville et renoue même avec les scènes anglaises, en assumant, entre autres, une saison de quelques semaines au New Empire Theatre de Montréal en 1917-1918.

Comme la conjoncture demeure défavorable, il quitte Montréal pour Hollywood vers 1919, où il entreprend une nouvelle carrière au cinéma. Cazeneuve décroche quelques petits rôles dans des films muets comme The Queen of Sheba (1921) et The French doll (1923). Avec Léo-Ernest Ouimet, qui réside à Los Angeles depuis 1921, il tourne en 1923 Why get married?, qui s’avère un échec.

Cazeneuve propose aussi des scénarios de Faust et de Maria Chapdelaine, de Louis Hémon, mais ces projets ne se concrétisent pas. La grave maladie qui le ronge, le force à abandonner le cinéma.

Au début de l’année 1925, il vient à Montréal pour recevoir des traitements à l’hôpital Royal Victoria. Il retourne ensuite à Hollywood, mais fait une rechute dont il ne se relève pas. Il s’éteint le 22 juin 1925, à l’âge de 54 ans.

Il meurt dans un tel dénuement que le comédien William Farnum doit payer les frais de son hospitalisation et de ses funérailles.