BACON, Joséphine

Poète

Naissance : 23 avril 1947 à Pessamit sur la Côte-Nord, au Québec.


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Biographie

Joséphine Bacon naît le 23 avril 1947 dans une communauté innue autrefois nommée Bersimis, puis Betsiamites, avant de devenir Pessamit, située à 50 kilomètres à l’ouest de Baie-Comeau. Elle vit les cinq premières années de sa vie en semi-nomadisme dans le Nutshimit, à l’intérieur des terres de son peuple.

Elle est envoyée au pensionnat à Maliotenam, à 16 km à l’est de Sept-Îles, mais réussit à éviter un déracinement complet en côtoyant les jeunes des communautés environnantes, ce qui lui permet de converser dans sa langue maternelle.

Début vingtaine, Joséphine quitte Maliotenam en direction de Québec pour suivre des cours en secrétariat. Elle parle alors surtout en français, quelques fois en anglais. Elle continue de discuter en innu-aimun avec ses quelques amis qui ont fait le chemin avec elle.

Joséphine se rend à Ottawa pour six mois afin de participer à une formation offerte par le Bureau des affaires autochtones. En 1968, elle se rend à Montréal pour trouver du boulot. Après quelques tentatives infructueuses, elle se retrouve à la rue. Elle survit grâce à quelques emplois avant de rencontrer des anthropologues, pour qui elle deviendra traductrice.

Elle travaille comme traductrice-interprète auprès des aînés du Innus du Labrador et du Québec, détenteurs des traditions orales et transcrit pour eux de nombreux mythes fondateurs. Elle se réapproprie ainsi la langue du Nutshimit.

En plus de son travail de transcription et d’assistante de recherche, elle travaille aussi avec des linguistes, devient traductrice et collabore avec des cinéastes, dont Gilles Carle et Arthur Lamothe.

Grâce à une formation de l’Office National du Film du Canada, elle acquiert les connaissances nécessaires afin de devenir elle-même documentariste. Sa première réalisation, aujourd’hui introuvable, nous raconte la rencontre d’aînés innus et de mères de clan de Kahnawake.

Joséphine Bacon réalise Tshishe Mishtikuashisht, Le petit grand européen, Johan Beetz en 1997 et Ameshkuatan, Les sorties du castor en 1978. Elle participe aux treize émissions de la série télévisée Mupu (2002), la série Carcajou Mikun, Finding our talk, avec les productions Mushkeg Nutaq, et Innu-Assi – avec les productions Manitu.

En 2009, c’est chez Mémoire d’encrier qu’elle publie son premier recueil Bâtons à message/Tshissinuatshitakana. Il fut écrit en pensant à ces nomades amoureux des grands espaces, et a reçu le prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal en 2010 pour son poème Dessine-moi l’arbre.

Continuant sa collaboration avec la maison d’édition Mémoire d’encrier, elle publie en duo avec José Acquelin Nous sommes tous des sauvages publié en 2011 et Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat sorti en 2013 qui est finaliste au prix du Gouverneur général et finaliste au grand prix du livre de Montréal. Sa plus récente publication, le recueil Uiesh / Quelque part (2018), lui vaut le prix des Libraires en 2019.

Elle enseigne la langue Innu-aimun depuis une quarantaine d’année et donne de nombreux ateliers d’écriture et conférences dans les universités, les cégeps et dans plusieurs communautés autochtones du Québec.

Elle travaille également à la traduction de divers écrits en innu-aimun vers le français.

En 2018, elle est nommée Compagnon de l’Ordre des Arts et des Lettres du Québec.